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Un corps inanimé


Comme tout un chacun qui aime la Mer, et qui se fait devoir de la protéger, on ne saurait oublier les multiples éléments qui la composent.

C’est ainsi que sa faune doit attirer toute notre attention. Trop d’abus ont été commis dans ce domaine, notamment la pollution excessive que notre société de consommation engendre et a produit pendant des décennies.

Certains vous diront que nos pêcheurs professionnels en sont en partie responsables, de par leurs prélèvements conséquents, maintes fois dénoncés par une presse avide et caricaturale. Ce n’est pas là mon propos, mais il faut néanmoins reconnaître que l’espèce la plus touchée sur notre littoral, fut quoi qu’on en dise, en à peine soixante ans, un grand nombre de nos marins pêcheurs, accusés à tort de tous les maux.

À titre d’exemple, Roland Mornet rapporte dans sa préface de l’excellent livre de Jean-Paul léger et Maurice Gindreau, « Il était une fois des marins », que les Sables d’Olonne en 1961 avaient 1092 inscrits maritimes à la pêche, et qu’ils n’étaient plus que 170 en 2009.

Respect pour ces hommes que l’histoire a souvent broyés et toujours ignorés.

C’est la vue d’un dauphin mort sur une plage, il y a quelques temps, qui m’a enclin à vous écrire ce petit éditorial, seule la pollution était cause de son trépas.

En tant que voileux depuis plus de 35 ans en baie de Quiberon, j’ai toujours eu le souci de respecter scrupuleusement l’élément. Mais il nous suffit de naviguer par temps calme, sur une mer d’huile, pour apercevoir l’étendue de ces souillures humaines, flottant et dérivant en abondance.

Je ne ferai pas le procès de ces multiples causes, j’aspire seulement à ce que chacun en prenne conscience. Un dauphin « vivant », c’est tellement beau.

Un corps inanimé

 

Un corps inanimé, fuyant, peut-être un leurre,

Serpente les abysses, comme irait un chiffon ;

Les siens, qui l’accompagnent, dans un courant qui pleure,

Gémissent, dans ce néant, pour lui, une oraison.

 

Ce lugubre chemin, plongé dans cet éther,

Qui va comme un miroir dans un ciel tréfonds,

Se dissout dans ces flots, fait d’un linceul amer,

Menant cette âme blanche, dans un noir Panthéon.

 

C’était un jeune Dauphin, pétillant et joueur,

Qui de par les Glénans, escortait mon bateau ;

Sa troupe qui ondulait, dans mes flux enjôleurs,

S’élevait à la nue, dans de sublimes sauts.

 

Dans leurs bleus apparats ; dans ces vagues de scènes,

S’adonnant l’œil vif à des rites bouffons,

Ils bouillonnaient dans l’eau, brillant comme des sirènes,

Dans un ballet suave, pour un Poséidon.

 

Mais la Mer, immondice, couverte de souillures,

Offrit à l’ingénu, un de ses mets toxiques ;

Croyant voir une Sèche, pour saine nourriture,

Il soupa du venin d’un cruel plastique.

 

Combien de ces ondins, de ces êtres de cœur,

Nous faudra-t-il occire, au nom d’un progrès fou ?

Oui, combien faudra-t-il, de ces frères et ces sœurs,

Assassiner en mer, sans le moindre tabou.

JFZ
 

 

 

 

 

 

L'honneur du commandant

L’actualité est parfois assassine, à en juger avec les derniers évènements maritimes du BREMEN et du COSTA CONCORDIA.

Mais où est donc passé, la probité, les compétences, le dévouement infaillible du commandant ? Seraient -ils devenus des valeurs obsolètes ?

N’en croyez rien !

Une immense majorité de ces hommes de mer, ont une très haute conscience du devoir. Ils se sont jadis, bien souvent illustrés dans des comportements héroïques, au péril de leur vie.

C’est ce que raconte avec un émouvant talant, mon ami Jean-Paul BOSSUGE, dans son merveilleux roman (700 hommes à la mer...) une tragédie maritime qui n’a rien à envier au fameux TITANIC.

L’histoire vraie d’un transatlantique (La Bourgogne) qui fit naufrage le 4 juillet 1898, et dont leCommandant après avoir accompli son ultime devoir, disparut avec son bateau.


Commandez directement son livre sur son courriel:

Jean-Paul BOSSUGE jpbossuge@hotmail.com


Gloire

Gloire à ces feux, grands capitaines,

Qui ont fait honneur à leurs noms,

Préférant suivre à la peine,

Leurs bâtiments de par le fond.

Drapés d’amour et de courage,

Dans l’infortune de leurs vaisseaux,

Ils sauvetaient leurs équipages,

Et périssaient comme des héros.

Que la mer chérisse en son sein,

Ces glorieux marins trépassés,

Qui dans le devoir incertain,

Devant la mort, se sont dressés.

Que l’océan, avec faste,

Au requiem de ses rumeurs,

Dans le flot bleu de ses mains vastes,

Fasse une alcôve pour tous ces cœurs.

Jean-François Zapata

Bremen encore !

Il faut toujours dans la mesure de possible, défendre les valeurs et les idées que nous aimons.

De ce simple constat, il m’a semblé nécessaire de créer ce petit Blog pour exprimer et traduire toute l’étendue de ma passion pour la Mer.

Rimaillant depuis toujours, j’ai sans prétention, mais avec conviction, composé ce petit recueil, écrit avec des mots de vents.

Ces petits vers de rimes, cueillis dans l’air marin, ces quatrains faits de gouaches trempés dans l’océan du cœur, sont autant d’espoirs, mais aussi autant de révoltes, pour l’élément marin et pour ces gents de mer, si souvent éprouvés.

L’échouage du <<BREMEN>> de triste actualité, en est l’exemple flagrant.

 

Bremen, encore !

 

Le flux avait souillé, de son infâme crasse,

Jadis, la beauté du littoral breton ;

De ce vil « Erika », et sa laide mélasse,

Après notre courroux, las, nous nous souvenons.

 

Mais l’ineptie de l’homme, qui nous met à la peine,

Revient dans sa folie, nous vicier à nouveau,

Échouant dans nos flots, les fanges du « Bremen »,

Sur nos plages ternies, encore une fois de trop.

 

Qui pourra pardonner, l’offense à la Mer,

Les craintes du marin, brisé dans son labeur,

Qui pourra oublier, ces tâches si amères,

Qui nous font larmoyer, et qui en nous demeurent.

 

Jean-François Zapata 




     

Mon Pays de coeur

Mon pays de cœur,

 

Il est certains endroits qui font vibrer nos sens, mais il est un lieu, un seul lieu, où volontairement, ou inconsciemment, l’on met forcément un jour son âme.

 

C’est en Bretagne, que j’ai posé sciemment mon cœur. Dans l’Argoat du vannetais, ce Morbihan où tout ondule, préfigurant déjà les bords de mer. Des courbes de bouquets d’arbres grimpent sur des vallons, qui plongent à leur tour dans de vertes pâtures. Des champs en mamelon ceinturent leur frêle enclave de généreux buissons ; barbelé naturel aux odeurs de bruyère.

L’horizon en pastel, se confond dans l’éther, donnant dans son lointain des nuances pondérées.

L’écume de la prairie, « C’est la lande vivace » qui court en des fourrés touffus et acérés.

Des cours d’eaux sinueux et cristallins, s’intègrent au mouvement, parsemés de minuscules et astucieux lavoirs, jamais trop loin d’un bourg ou d’une pieuse fontaine.

Point de ces champs immenses, qui font d’affreux décors, et laissent nos yeux stoïques, non, seulement des parcelles posées comme des linges aux multiples couleurs, qui selon la culture s’étalent du vert à l’ocre.

De malicieux villages et singuliers lieux-dits, émergent  nonchalants au  hasard  du relief, tout au bout d’un chemin tronqué et raviné, qui à l’ombre d’un bosquet surgit comme une source.

                            Je suis,

 

                        Quand éventée au bout du Raz,           

Dans l’air humide des brisants,                 

La mer s’offre au sein du Breiz,        

Comme une femme à son amant.

 

Quand dans la rivière d’Auray,

Dans l’étroit lit de sa langueur,

   Saint Goustan* brille et renaît,         

Au fond du port comme une fleur.

 

Au beau pays de ma compagne,

Dans la lumière du ponant,

Je suis de toute la Bretagne,

Je suis de tout le Morbihan.

 

Quand au plus haut de la falaise

Sur les hauteurs de Locquémeau,*           

Flots et nuages se complaisent,

Dans les voltiges d’un oiseau.

 

Quand s’émotionnent au port d’Audierne

Dans un adieu compatissant,

Le cœur serré des bigoudènes,

Aux chalutiers appareillant.

 

Au beau pays de ma compagne,

Dans l’Argoat rayonnant,

Je suis de toute la Bretagne,

Je suis de tout le Morbihan.

 

   Quand en léchant la barre d’Étel,*          

Au gré du sable en mouvement,

La mer tricote des dentelles,

En des napperons bouillonnants.

 

Quand à Lorient tout à la fête,

Les nations celtes s’animant,

Biniou et bombarde en tête,

Enflamment le cœur de ses enfants.

 

Au beau pays de ma compagne,

Dans le Porhoët des Rohan

Je suis de toute la Bretagne,

Je suis de tout le Morbihan.

 

 

                                        * ST Goustan / vieux port d’AURAY

* Locquémeau / petit port des Côtes d’Armor

* célèbre banc de sable devant le port d’ÉTEL


                              Morbihan,

 

                             C’est des ilots disséminés,

                             Dans un mouchoir en bout de terre ;

                             Des bateaux mouillant, oubliés,

                             Au fond de la petite mer.

 

                             La marée rentre en galopant,

                             Et les carènes à demeure,

                             D’un baiser ferme et salant,

                             Au flot puissant et migrateur.

 

 

                              Le vent leur conte en chemin,

                              Avec des mots du fond de l’air,

                              Des histoires mouillées à l’embrun,

                              En breton et gallo de pair.

 

                              Ces cailloux s’animent au ponant,

                              Quand le coucher, en fioriture,

                              Brûle ces coins de Morbihan,

                              De toute son enluminure.

 

                              Et si vous les voyez, soudain !

                              Appareillant pour d’autres mers,

                              Laissez-les vous prendre par la main,

                              Et voyagez dans leurs chimères.

 

                              Dans ce dédale enfantin,

                              Imaginez ce petit monde,

                              Qui berce l’âme des marins,

                              D’île en île à la ronde…

 

 

                              LES CHAPEAUX RONDS,

 

                              Quand vont au port, les filles d’Audierne,

                              En bel habit et bien coiffées,

                              La coiffe droite de Bigoudène,

                              Roide, comme un phare dans les nuées.

                              Les chapeaux ronds, suivent les belles,

                              Pleins de désir, pour ces beautés,

                              Pour le cœur de ces jouvencelles,

                              Qui se pavanent, prêtes à marier.

 

                              Quand vont au port, les filles de Vannes,

                              Et toutes celles de Locminé,

                              Bien rehaussée, La coiffe plane,

                              Comme une assiette déposée,

                              Les chapeaux ronds, élégamment,

                              Se prennent ensemble à rêver…

                              D’être l’ami, ou même l’amant,

                              De ces jeunes femmes élancées.

 

                              Quand vont au port, les filles de Brest

                              De leurs rondeurs, affriolées,

                              La coiffe au vent, et tout le reste,

                              Du côté de l’Amirauté.

                              Les chapeaux ronds à pompon rouge,

                              Et les casquettes des hauts gradés

                              Dansent à tout va, à mieux qui bouge,

                              Pour mieux se faire remarquer.

 

                              La morale de cette ritournelle,

                              Est tout au fond de vos pensées,

                              Ce n’est point dans ma cantilène,

                              Que vous pourrez les y trouver.


                   Le Sonneur noir

                                A Yannick Martin

                                Génial sonneur de bombarde « champion de Bretagne »             

                                Outragé par un racisme affligeant   

           

                         Ce n’est qu’un blanc à la peau noire,             

                        Un Sonnou du bord duponant,                         

                        Qui d’un bagad a fait la gloire,

                        Breton de cœur, mais point de sang.

 

                        Outragé par quelques vilains,

                        De la race dite, supérieure,

                        Ne supportant pas en leur sein,

                        Qu’un breton noir, soit le meilleur ?

 

                        Mais en Bretagne, tous les sonneurs,

                        Sont noir et blanc de leurs drapeaux,

                        Ils sont de tous bords et couleurs,

                        Peuvent être noirs ? Jamais négro.

 

                       Morbihannais fiers, que j’aime,

                       Moi qui suis d’un autre horizon,

                       Brisez ce vilain anathème,

                       De vos ridées, de vos chansons.

 

                       Et vous marins, mes frères d’armes,

                       De Lann-Bihoué et tout ailleurs,

                       Tous comme à bord, unis dans l’âme,

                       Défendons, Yan, avec honneur.  



                              A l’île de Houat

 

                              Le vent, si vite en fait le tour,

                              Léchant la brume de ses mains moites,

                              Il a l’haleine des mauvais jours,

                              Par petit temps, à l’Île de Houat.

 

                              Les grands voiliers ont fui en chœur,

                              La plage sud s’est désertée,

                              Le bourg n’entend plus les rumeurs,

                              De ces nuages entoilés.

 

                              De nouveau seuls et incongrus,

                              Les sentiers parlent au silence,

                              Leurs voix, dans la lande éperdue,

                              Et les falaises font résonance.

 

                              Les maisons de nouveau blotties,

                              Serrées dans les bras du village,

                              Se collent à leurs maçonneries,

                              Comme des oiseaux dans leurs plumages.

 

                              Et dans le port solitaire,

                              Qui vit jadis le saint Gildas,

                              Les chalutiers en gris de Mer,

                              Fondent dans le grain qui leur fait face.

    

                                         Jean-François Zapata

 

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Les voiliers

 

Il n’y a rien de plus émouvant que le spectacle lointain d’un vieux voilier sous voile, glissant dans l’horizon comme un futile cerf-volant.

Bidonné à foison par des vents pleins et fluides, il flotte en agitant ses vaporeux contours.

 

Sa forme indéfinie, dans un halo gazeux, s’étiole dans la nue, comme un reste de rêve. Serait-ce une utopie de le chercher encore, dans les plis onduleux des flots condescendants ? Ce n’est bientôt qu’un trait qui danse, un nuage sur un nuage liquéfié dans l’éther et dans le flux des eaux.

 

Des limbes pleins de mouvances transpirent dans son sillage, comme un écho latent à l’âme indélébile.

JFZ



La Belle-Angèle

 

Tendant sa main « un bout dehors »

Au doigt unique et élancé,

Elle va au profond de nos corps,

Et nous invite à embarquer.

 

     Pour l’amour de la Belle-Angèle,

     Il est « utile* » de la nommer,

     J’irai m’habiller de misaine,

     Pour mettre voile, à ses côtés.

 

De tout son pont, en libre scène,

Que nos pas foulent d’un baiser,

Elle nous reçoit dans son éden,

De drisses et bouts enlacés.

 

     Pour l’amour de la Belle-Angèle,

     Que Gauguin nous a sublimée,

     J’irai tirer à tire-d’aile,

     Dans les manœuvres de ses bordées.

 

En quai de cœur, à Pont-Aven,

Dans sa parure de Chasse-marée ;

Pour les Marins, elle est la reine !

Et les jadis d’un beau passé.

 

     Pour l’amour de la Belle-Angèle,

     Et de ces coques trépassées,

     Je veux chanter de mon rappel,

     Pour ne jamais les oublier.

 

*« l’Utile » : Chasse-marée qui a servi de modèle pour la réplique

de la Belle-Angèle.

* « Bout, Drisse » : Cordages de marine.

JFZ




Marie des Isles

Vous la verrez à l’île aux Fleurs,*

Que nul hiver ne vient faner,

Mouillée dans des exquises odeurs,

Dont tout le bord est imprégné.

 

La voilure est une aquarelle,

Humidifiée à l’élément,

Peinte avec tous les bleus du ciel,

Et de légers pinceaux de vent.

 

Son tableau ample et gracile,

Porte la marque de son nom,

Il est écrit « Marie des Isles »

Avec des lettres en bourgeons.

 

Pour entrevoir la goélette,

Cinglant dans le grand Océan,

Voyez le flot, à la lorgnette,

Car son sillage est scintillant.

 

*Joli nom de la Martinique

JFZ



 

Mon Bâtiment

 

Mon bâtiment en turbulence,

Sur une mer en (outre-bleu)*,            * allusion à Outre-mer

À la rigueur d’une allégeance,

Pliait aux vagues et aux creux.

 

Le flot, fut-il « Pacifique »

Imposant et imprécatoire,

Lançait de ses crêtes et ses pics,

Une écume toute ostentatoire.

 

Des myriades de poissons volants,

Accompagnaient la proue avide,

Dans un vol court, papillotant,

Brillant de leurs reflets liquides.

 

Au loin dans un bain de vapeur,

Panama quittait mon regard.

Mon bateau, comme moi rêveur,

S’émancipait de cette amarre.


JFZ 

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Commentaires

20.09 | 17:30

salut Jean François.j'avais compris qu'un de tes proches de l'académie était très malade. Je t'envoie toutes mes condoléances à toi et tous les autres membres

...
16.05 | 17:32

Salut Jean-François. je me réjouis de te voir toujours aussi prolifique, de bien belles pensées couchées sur le papier avec délicatesse. A bientôt j'espère.

...
20.09 | 18:05

merci cher jean-françois tu représentes ce grand marin poète quelque part au travers de mes maquettes de notre marine royale, richelieu , colbert et zapata ...

...
01.01 | 13:26

J'ai lu de nouveau ces mots très sensibles et justes sur mon travail et sur mon personnage ,merci . serge

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