Poésie et Mer

Bienvenue sur notre site Web


2 février 2019
   

Bonjour,


 Ma vie a été jalonnée de nombreux amis peintres maritimes, aux multiples talents, qui m’ont inspiré à la faveur de leur œuvre, d’humbles poèmes pleins d’embruns.


Le premier d’entre eux fut le peintre Robert Dyens, que j’ai connu en 1987 à la faveur d’une rencontre professionnelle, dans le monde des expositions. Notre amitié fut instantanée et se prolongea jusqu'à sa mort. 


Il avait eu le grand honneur d’embarquer sur le « Jean Bart » un navire de la Marine nationale, en qualité de peintre honoraire. 

C’était un artiste discret, prolifique et sensible, malheureusement méconnu en son temps. Que ce petit hommage puisse lui rendre justice et le placer aujourd’hui à sa juste valeur


A mon ami Robert DYENS,


Ah ! Mon pauvre Robert, je me souviens du temps,       

Où chargé de peinture, tu peignais ardemment,            

Un nouveau paysage insolent de beauté,

Où les bleus cristallins étaient fluides à brosser.


Ta toile s’animait de ce nouveau défi,

Chargée de tes visions et de tes rêveries,

Et tes pinceaux séchés, portaient déjà sans l’eau,

La vague cadencée et les plis des bateaux.


Tu peignais sur le vif, en embrassant la mer,

Appliquant tes couleurs, en effleurant l’éther,

Et tes nuages bas, ballonnés de candeur,

Gonflaient dans les effets de tes tons et valeurs.


Ton dieu de la marine brillait de tous les vents,

Ton égérie, la mer, de tous les éléments,

Et ton paradis bleu entouré d’une lice,

Était ton atelier, fidèle et complice. 


Nous avions espéré, planter nos chevalets,

Pouvoir dessiner et peindre sur le fait,

Ces harmonieuses touches, de marine et de cyan,

Qui ondulent le flot et l’emportent sciemment.


Puis le temps a passé, et ruiné nos projets,

Je peins seul à présent, de tacites sujets,

Et me prends à rêver au fond de tes tableaux,

Qui voguent sur mes murs et se rient de mes maux.


Mais quant à la lumière, j’irai m’évaporer,

Chargé de mille brosses et de cartons légers,

Tu seras dans la nue avec ton matériel,

M’invitant à y peindre de fumeuses aquarelles.