Poésie et Mer

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23/11/2018


Chers amis(es)


Aujourd’hui je ne vous chanterai pas la mer, l’actualité est bien trop orageuse pour sortir du port. La vague a jauni sur le pond de notre bateau ivre qui est prêt à chavirer sous le poids d’un dicta économique qui nous mène depuis longtemps  au tréfonds.

 

Je vous parlerai de Chantal Mazet, qui dans cette tempête a voulu contre vent et marée défendre son bord, ce petit voilier qui à force de privation était devenu un canot qui à son grand désespoir risquait de prendre l’eau.

 

Ne l’oublions pas.


     




       


Hommage à un grand poète,

Monsieur Charles Aznavour .



   


À Charles


 Comment pourrais-je chanter les mots

Que tu savais si bien écrire,

Tes mélodies qui, en écho,

Faisaient pleurer, ou faisaient rire.


Mais (Non, je n’ai rien oublié),

De (La mama), de (La Bohême),

Où l’on pouvait (Mourir d’aimer),

Dans l’harmonie de tes (Je t’aime) .


(Je n’ai pas vu passer le temps ),

À t’écouter, (Hier encore),

Quand tu fredonnais (Et pourtant),

D’une voix vive et sonore.


(Je fais comme si) mais (Désormais),

Tu es parti, ta vie s’achève,

Laissant à tous ceux qui t’aimaient,

Mille chansons (Entre deux rêves).


Jean-François Zapata



 Le 28 Juillet 2018   


Les îles du Ponant


       

Les îles, « on peut le croire », sont des lieux de mystère, des jardins secrets que Neptune, Poséidon, et autres Dieux marins, ont déposés ici et là, afin de soumettre l’homme orgueilleux, conquérant, et présomptueux, à la sagesse de ces sanctuaires pleins de plénitude et d’humilité.


Voyez comme notre esprit, notre mental, se métamorphose sur ces petits vaisseaux de terre qui, au vent, se déplacent immobiles de leurs voiles de nue. Le charme intemporel qui s’en dégage nous envahit et nous apaise ; quoique l’on fasse, on est transporté dans cette autre dimension qui, comme une enveloppe, nous soustrait et nous débarrasse de toutes matérialités.

                 

Les îles du Ponant me sont particulièrement chères. Je m’y rends toujours avec émotion, me prenant à croire que je les foule ainsi pour la première fois, alors que je les côtoie depuis des décennies.

             

A l’île de Houat


Le vent, si vite en fait le tour,

Léchant la brume de ses mains moites,

Il a l’haleine des mauvais jours,

Par petit temps, à l’Île de Houat.


Les grands voiliers ont fui en chœur,

La plage sud s’est désertée,

Le bourg n’entend plus les rumeurs,

De ces nuages entoilés.

  

De nouveau seuls et incongrus,

Les sentiers parlent au silence,

Leurs voix, dans la lande éperdue,

Et les falaises font résonance.


Les maisons de nouveau blotties,

Serrées dans les bras du village,

Se collent à leurs maçonneries,

Comme un oiseaux dans son plumage.


Et dans le port solitaire,

Qui vit jadis le saint Gildas,

Les chalutiers en gris de Mer,

Fondent dans le grain qui leur fait face.



L’âme de Houat


C’est une main tendue au-devant de la mer,

Vois sur la grande plage, cette paume échancrée,

Au large, lorsqu’on la voit, on dirait un amer,

Qui brille dans le sable d’une ligne dorée.


C’est un lieu affranchi, nul ne se l’accapare,

Ses chemins et sentiers ne peuvent s’apprivoiser.

Ils courent dans la lande, libres de toute amarre,

Ainsi seul le vent peut les suivre sans errer.


Aux portes des hameaux, c’est la rose trémière,

Qui relève la tête, c’est pour mieux vous guider.

Sentinelle du Ponant, de chaumière en chaumière,

Elle vous chante ce lieu, pour vous le faire aimer.


Le cœur de ce charmant vilain petit canard*

Qui tire son caneton à travers l’étendue,

Est un petit éden ; ce n’est pas un hasard,

Si sa Bretonne robe se confond à la nue.


*Allusion au nom breton de Houat et Hoëdic.       



Belle-Isle

 

Elle tend, comme une joue,

Son rivage à la Mer,

Qui mettant pied à terre,

L’embrasse sans tabou,

D’un baiser un peu fou,

Qui étreint ses parterres,

Sans jamais la complaire,

De cet étrange joug.

 

Le ciel, plein de sa mue,

Pour sceller son alliance,

Donne dans ses mouvances,

Un long voile impromptu,

Qui s’en va par-dessus,

Par-dessous, en errance,

Comme une turbulence,

Qui se serait perdue.               


Quiberon, à dessein,

Lui tend son bras, ouvert,

Qui jadis solidaire,

La touchait de sa main,

En des temps, fort anciens,

Où tous deux de concert,

Fusionnaient dans l’éther

De ce pays salin.


Mais, celle-ci n’en a cure,

Et veut sa liberté,

Garder, ne point donner,

De sa riche nature,

Elle danse en mesure,

À la barbe, et au nez,

De tous ces exaltés,

Qui la voudraient reclure.


    

Ouessant


Ce peut être parfois les portes de l’enfer,

Quand le vent en tempête s’adonne à sa furie,

Alliant la frénésie de son alliée, la mer,

Qui, dans la démesure, joue de sauvagerie.


Ce peut être la pluie pénétrée de brouillasse,

Qui,  comme un long linceul, recouvre tout en gris ;

Agitant des fantômes dans ce lieu qui grimace,

À la faveur des ombres qui ondoient en sursis.


Mais quand s’en vient Phébus, rutilant à l’aurore,

Embrasant la bruyère et l’ajonc jaunissant,

La lande avivée illumine sa flore,

Pareille à un phénix qui renaît du néant.


Comme un peintre ardent qui bariole sa toile,

La nature parsème sa couleur à pleins champs,

Colorant ces parterres avec un peu d’étoile,

Que l’on trouve partout dans cette île du Ponant.


C’est un nid de marins, où préside  la femme,

Qui dans ce « Pen-ar-Bed » est maître ci-devant,

Quand l’homme à la mer, éloigné de sa dame,

Laissait, dans son foyer, la besogne et l’enfant.


Mais les temps ont changé, plus de vicissitude,

Les parcelles endormies ne sont plus cultivées ;

Les jeunes ouessantins, lassés de solitude,

Sur le grand continent, se sont expatriés.


Seuls, les grands farfadets, à l’étrange silhouette,

À la pointe de Pern, contemplent l’océan ;

Sentinelles en ce lieu, créé pour le poète,

Qui voit en ces rochers, tous les mythes d’antan.


Mais que subsiste-t-il de l'ancienne culture ?

Quelques lopins de terre fortifiés contre vent,

Quelques lavoirs enfouis au fond de la verdure,

Balayés par l'odeur océane d'Ouessant.


  

Les croix de proëlla d’Ouessant


Nul n’y a son gisant ; c’est un lit éphémère,

Un bref cénotaphe, pour quelques trépassés,

Un petit monument, au cœur d’un cimetière,

Pour des corps que la mer a un jour emportés.


La mémoire, pourtant, de ces êtres demeure,

C’est là, la tradition de la terre d’Ouessant ;

Pour honorer ces corps, même si c’est un leurre,

Un culte substitut, ce non-enterrement.


Une petite croix, des intenses prières,

Qui de cire, de larmes, est ainsi modelée ;

Le pays, tout entier, accompagne ces hères,

Dans le pieux réconfort d’un petit mausolée.


Ainsi le souvenir atténue la tristesse,

Le vent qui la renvoie s’en est accommodé ;

Ses âmes sont la voix de cette étrange messe,

Qui parcourt la lande d’un écho déjeté.


   

Ile de Sein


C’est un bout de rocher, propice à la tempête,

Un petit coin de terre, où s’entassent les grains ;

Tous les oiseaux de mer, en ont fait la conquête,

Et nichent à la volée, se riant des embruns.


C’est la pointe du Raz, qui la poussa en mer,

Jetée au « Penn ar Bed »* et aux mondes inconnus,

La laissant en Iroise, affronter la colère,

Et le déferlement de l’immense étendue.


L’océan de ses crocs, qui l’a tant morcelée,

A tracé sur son bord, de démentes courbures,

Qui serpentent çà et là, en des lignes hachées,

De l’empreinte seyante, de toute sa démesure.


Sa nature laminée, est un cocon de lande,

Une peau de broussaille et de ronce éperdue,

Où éclosent mille fleurs, s’offrant comme des guirlandes,

De Silène et de Criste, et de pavot cornu.


Mais ne vous y fiez point, les hommes ont tête haute

Valeureux à la pêche, dont ils sont coutumiers ;

Les femmes vêtues de noir, vous accueillent en hôte,

Dans ce petit enfer qui pour eux est sacré.


*<Penn ar Bed>  -  Bout du monde en Breton


     

Lok Maria de Groix

  

Qui se souvient encore de cette humble chapelle,

Ruinée, sur les hauteurs, à la Pointe de la Croix,

Qui de son pieux fanal, amer et sentinelle,

Guidait, par mauvais temps, tous les marins de Groix.


Seul un frêle clocher, un escalier en pierre,

Subsistaient de ces murs, autrefois vénérés,

Sis à proximité d’une simple chaumière,

Et d’un brave pêcheur qui en avait pitié.


Nul phare n’existait ; à l’heure de la tempête,

Le vieil homme apportait sans tarder un falot,

Qu’accrochait vaillamment une souple jeunette,

Qui de tout son courage l’attachait tout en haut.


Ainsi, ils sauvetaient par ce brillant signal,

Bien des embarcations de la côte acérée ;

Ils guidaient les navires de ce feu pastoral,

Dans le déferlement de la mer déchaînée.


Mais un âpre marchand s’empara de la terre,

Et du havre gisant en ce lieu consacré ;

Il prohiba l’entrée de la bande côtière,

Éteignant le bienfait de cette charité.


Ainsi, mal lui en prit, car un soir de tourmente,

Son fils qui revenait sur un  fameux voilier,

Donna sur les brisants devant la pénitente,

Et ce déplaisant père, qui ainsi, fut châtié.

     

D’après « Fantômes Bretons » d’Ernest du Laurens de la Barre




 

02/05/2018

     

    

   

Un cri du cœur


Voilà bientôt des décennies que l’on dénonce sporadiquement la pollution des océans, des sols, et de l’air, et notamment les effets destructeurs des pesticides de toutes natures. Forcé de constater que malgré la bonne volonté des voix nombreuses qui s’élèvent, le combat demeure inégal contre la toute-puissance des firmes agrochimiques.

Il ne m’appartient pas ici de polémiquer, mais de constater que le chemin parcouru en ce domaine est loin d’être gagné face à  des lobbys qui règnent en maître, protégés malicieusement en sous-main, par les états, au nom de leur propre intérêt économique.

 

Je ne peux ici qu’exprimer de mes humbles mots, ma profonde  tristesse, mon amertume, de quelques évidences mêlées d’âpres de profundis.

   

 

Un corps inanimé



Un corps inanimé, fuyant, peut-être un leurre,

Serpente les abysses, comme irait un chiffon ;

Les siens, qui l’accompagnent, dans un courant qui pleure,

Gémissent, dans ce néant, pour lui, une oraison.


Ce lugubre chemin, plongé dans cet éther,

Qui va comme un miroir dans un ciel tréfonds,

Se dissout dans ces flots, fait d’un linceul amer,

Menant cette âme blanche, dans un noir Panthéon


C’était un jeune Dauphin, pétillant et joueur,

Qui de par les Glénans, escortait mon bateau ;

Sa troupe qui ondulait, dans mes flux enjôleurs,

S’élevait à la nue, dans de sublimes sauts.


   

Dans leurs bleus apparats ; dans ces vagues de scènes,

S’adonnant l’œil vif à des rites bouffons,

Ils bouillonnaient dans l’eau, brillant comme des sirènes,

Dans un ballet suave, pour un Poséidon.


Mais la Mer, immondice, couverte de souillures,

Offrit à l’ingénu, un de ses mets toxiques ;

Croyant voir une Sèche, pour saine nourriture,

Il soupa du venin d’un cruel plastique.


Combien de ces ondins, de ces êtres de cœur,

Nous faudra-t-il occire, au nom d’un progrès fou ?

Oui, combien faudra-t-il, de ces frères et ces sœurs,Assassiner en mer, sans le moindre tabou.


Jean-François Zapata


    

Morte floraison


 


C’était un matin bleu, dans un monde sans flore,

Et pourtant une fleur, à l’aspect décharné, 

S’animant à la vie, était venue éclore,

Dans le limon tari d’un jardin oublié.


Sa corolle odorante, à la subtile essence,

De la mort, de l’oubli, renaissait du passé,

Recherchant, dans la nue, une saine semence,

Qui pourrait féconder son pistil échancré.


Nulle abeille devant, pas le moindre bourdon,

Point d’insecte volant, rien qui vibre et butine ;

L’homme les a viciés de ses mornes poisons.


De pesticides vils, pénétrants et félons, 

Scellant dans le trépas de sa main assassine,

Le règne délicat de la belle églantine.


Jean-François Zapata

 

       

As-tu vu…

 

As-tu vu au couchant les raies en multitude,

Au large des Marquises, onduler dans les flots,

Ébranler l’horizon, dans le curieux prélude,

D’une danse d’amour, fait d’un éclatant saut.

 

As-tu vu ces dauphins s’extirper de l’abîme,

Propulsés par Neptune ou par Poséidon ;

S’élevant en ballet pour embrasser la cime

Du grand mât d’un voilier qui passait  à l’aplomb.

 

La baleine ondoyant dans cette nue liquide,

Escortant, sur son flanc, son petit baleineau, 

Fébrile, mais puissant, dans ce monde aquatile,

Où tout est démesure, et si richement beau.

 

Comment imaginer, en ce sein idyllique,

Que ce grand Panthéon soit aussi menacé ?

Comment imaginer que ce lieu mirifique,

Par l’homme sans égard puisse être ruiné ?

 

Jean-François Zapata






   

  




   

 Hommage     


S’il est vrai que les anges existent et nous accompagnent tout au long de notre vie, il en est un, incontestablement, qui s’appelait Johnny.


 Adieu cher ami…



   

A Johnny



Alors, ainsi, vieille canaille,

Tu as fini par nous quitter,

Sans mélodie, ou mot qui vaille,

Qui aurait pu nous consoler.


En toi l’on voyait un grand frère,

Un être en nous, toujours présent,

Un ami sonore et sincère,

Qui s’exprimait tout en chantant.


Le feu, l’amour, même nos peines,

S’accommodaient de tes chansons ;

Ta musique coulait dans nos veines,

Dans notre moi, le plus profond.


Mais toute chose passent, la mort

Ne brise pas nos sentiments ;

Ton esprit n’est plus dans ton corps,

Il est en nous, dorénavant.

      

        La Suite de mes textes sur " MES ARTICLES"  



 

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Patrice Calamel | Réponse 29.07.2018 18.31

Je te salue , poète des îles ! Le poème que je préfère est celui qui dépeint si bien l' île de Sein , concis comme ce petit bout de cailloux épars dans l' océan

pierre godel | Réponse 20.09.2017 17.30

salut Jean François.j'avais compris qu'un de tes proches de l'académie était très malade. Je t'envoie toutes mes condoléances à toi et tous les autres membres

Pierre Godel | Réponse 16.05.2017 17.32

Salut Jean-François. je me réjouis de te voir toujours aussi prolifique, de bien belles pensées couchées sur le papier avec délicatesse. A bientôt j'espère.

jean-yves mazéas | Réponse 20.09.2016 18.05

merci cher jean-françois tu représentes ce grand marin poète quelque part au travers de mes maquettes de notre marine royale, richelieu , colbert et zapata ...

serge Boue Kovacs | Réponse 01.01.2016 13.26

J'ai lu de nouveau ces mots très sensibles et justes sur mon travail et sur mon personnage ,merci . serge

Brouillet Jean | Réponse 20.09.2015 23.55

Que serait le monde sans les poètes?
Et la mer?
Et les étoiles?
Et Dieu?
Jean Brouillet

Pierre Godel | Réponse 19.02.2015 14.14

Salut Jean-François,tant de sensibilité dans un monde hostile c'est rassurant. A bientôt. Pierre

Daniel Girault | Réponse 17.02.2015 20.22

Voilà encore de belles lignes qui nous remettent la tête à "l'endroit". Merci Jean-François!

Katty Scharwatt | Réponse 17.02.2015 16.19

Toujours juste et vrai. Amitié Katty

JC Rouxel | Réponse 17.02.2015 12.23

Tout simplement, MERCI :)

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Commentaires

29.07 | 18:31

Je te salue , poète des îles ! Le poème que je préfère est celui qui dépeint si bien l' île de Sein , concis comme ce petit bout de cailloux épars dans l' océan

...
03.05 | 07:56

Bravo JFZ, voilà un artiste complet, écriture, peintures, de qualité, j'en suis admiratif.
De plus, ton site est parfait?

Amitiés,

René

...
20.09 | 17:30

salut Jean François.j'avais compris qu'un de tes proches de l'académie était très malade. Je t'envoie toutes mes condoléances à toi et tous les autres membres

...
16.05 | 17:32

Salut Jean-François. je me réjouis de te voir toujours aussi prolifique, de bien belles pensées couchées sur le papier avec délicatesse. A bientôt j'espère.

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