Poésie et Mer

02/05/2018


Bienvenue,


Un cri du cœur


Voilà bientôt des décennies que l’on dénonce sporadiquement la pollution des océans, des sols, et de l’air, et notamment les effets destructeurs des pesticides de toutes natures. Forcé de constater que malgré la bonne volonté des voix nombreuses qui s’élèvent, le combat demeure inégal contre la toute-puissance des firmes agrochimiques.

Il ne m’appartient pas ici de polémiquer, mais de constater que le chemin parcouru en ce domaine est loin d’être gagné face à  des lobbys qui règnent en maître, protégés malicieusement en sous-main, par les états, au nom de leur propre intérêt économique.

 

Je ne peux ici qu’exprimer de mes humbles mots, ma profonde  tristesse, mon amertume, de quelques évidences mêlées d’âpres de profundis.

   

 

Un corps inanimé



Un corps inanimé, fuyant, peut-être un leurre,

Serpente les abysses, comme irait un chiffon ;

Les siens, qui l’accompagnent, dans un courant qui pleure,

Gémissent, dans ce néant, pour lui, une oraison.


Ce lugubre chemin, plongé dans cet éther,

Qui va comme un miroir dans un ciel tréfonds,

Se dissout dans ces flots, fait d’un linceul amer,

Menant cette âme blanche, dans un noir Panthéon


C’était un jeune Dauphin, pétillant et joueur,

Qui de par les Glénans, escortait mon bateau ;

Sa troupe qui ondulait, dans mes flux enjôleurs,

S’élevait à la nue, dans de sublimes sauts.


   

Dans leurs bleus apparats ; dans ces vagues de scènes,

S’adonnant l’œil vif à des rites bouffons,

Ils bouillonnaient dans l’eau, brillant comme des sirènes,

Dans un ballet suave, pour un Poséidon.


Mais la Mer, immondice, couverte de souillures,

Offrit à l’ingénu, un de ses mets toxiques ;

Croyant voir une Sèche, pour saine nourriture,

Il soupa du venin d’un cruel plastique.


Combien de ces ondins, de ces êtres de cœur,

Nous faudra-t-il occire, au nom d’un progrès fou ?

Oui, combien faudra-t-il, de ces frères et ces sœurs,Assassiner en mer, sans le moindre tabou.


Jean-François Zapata


    

Morte floraison


 


C’était un matin bleu, dans un monde sans flore,

Et pourtant une fleur, à l’aspect décharné, 

S’animant à la vie, était venue éclore,

Dans le limon tari d’un jardin oublié.


Sa corolle odorante, à la subtile essence,

De la mort, de l’oubli, renaissait du passé,

Recherchant, dans la nue, une saine semence,

Qui pourrait féconder son pistil échancré.


Nulle abeille devant, pas le moindre bourdon,

Point d’insecte volant, rien qui vibre et butine ;

L’homme les a viciés de ses mornes poisons.


De pesticides vils, pénétrants et félons, 

Scellant dans le trépas de sa main assassine,

Le règne délicat de la belle églantine.


Jean-François Zapata

 

       

As-tu vu…

 

As-tu vu au couchant les raies en multitude,

Au large des Marquises, onduler dans les flots,

Ébranler l’horizon, dans le curieux prélude,

D’une danse d’amour, fait d’un éclatant saut.

 

As-tu vu ces dauphins s’extirper de l’abîme,

Propulsés par Neptune ou par Poséidon ;

S’élevant en ballet pour embrasser la cime

Du grand mât d’un voilier qui passait  à l’aplomb.

 

La baleine ondoyant dans cette nue liquide,

Escortant, sur son flanc, son petit baleineau, 

Fébrile, mais puissant, dans ce monde aquatile,

Où tout est démesure, et si richement beau.

 

Comment imaginer, en ce sein idyllique,

Que ce grand Panthéon soit aussi menacé ?

Comment imaginer que ce lieu mirifique,

Par l’homme sans égard puisse être ruiné ?

 

Jean-François Zapata






   

Hommage

  



   

   

 Hommage    


S’il est vrai que les anges existent et nous accompagnent tout au long de notre vie, il en est un, incontestablement, qui s’appelait Johnny.


 Adieu cher ami…



   

A Johnny



Alors, ainsi, vieille canaille,

Tu as fini par nous quitter,

Sans mélodie, ou mot qui vaille,

Qui aurait pu nous consoler.


En toi l’on voyait un grand frère,

Un être en nous, toujours présent,

Un ami sonore et sincère,

Qui s’exprimait tout en chantant.


Le feu, l’amour, même nos peines,

S’accommodaient de tes chansons ;

Ta musique coulait dans nos veines,

Dans notre moi, le plus profond.


Mais toute chose passent, la mort

Ne brise pas nos sentiments ;

Ton esprit n’est plus dans ton corps,

Il est en nous, dorénavant.





                 La Suite de mes textes sur " MES ARTICLES"          







 




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pierre godel | Réponse 20.09.2017 17.30

salut Jean François.j'avais compris qu'un de tes proches de l'académie était très malade. Je t'envoie toutes mes condoléances à toi et tous les autres membres

Pierre Godel | Réponse 16.05.2017 17.32

Salut Jean-François. je me réjouis de te voir toujours aussi prolifique, de bien belles pensées couchées sur le papier avec délicatesse. A bientôt j'espère.

jean-yves mazéas | Réponse 20.09.2016 18.05

merci cher jean-françois tu représentes ce grand marin poète quelque part au travers de mes maquettes de notre marine royale, richelieu , colbert et zapata ...

serge Boue Kovacs | Réponse 01.01.2016 13.26

J'ai lu de nouveau ces mots très sensibles et justes sur mon travail et sur mon personnage ,merci . serge

Brouillet Jean | Réponse 20.09.2015 23.55

Que serait le monde sans les poètes?
Et la mer?
Et les étoiles?
Et Dieu?
Jean Brouillet

Pierre Godel | Réponse 19.02.2015 14.14

Salut Jean-François,tant de sensibilité dans un monde hostile c'est rassurant. A bientôt. Pierre

Daniel Girault | Réponse 17.02.2015 20.22

Voilà encore de belles lignes qui nous remettent la tête à "l'endroit". Merci Jean-François!

Katty Scharwatt | Réponse 17.02.2015 16.19

Toujours juste et vrai. Amitié Katty

JC Rouxel | Réponse 17.02.2015 12.23

Tout simplement, MERCI :)

patrice calamel | Réponse 14.08.2014 17.29

salut à toi , Marin parmi les Marins de l' académie ; de Muros aujourd'hui en Galice après un Gascogne musclé; merci pour tes mots tellement authentiques

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Commentaires

03.05 | 07:56

Bravo JFZ, voilà un artiste complet, écriture, peintures, de qualité, j'en suis admiratif.
De plus, ton site est parfait?

Amitiés,

René

...
20.09 | 17:30

salut Jean François.j'avais compris qu'un de tes proches de l'académie était très malade. Je t'envoie toutes mes condoléances à toi et tous les autres membres

...
16.05 | 17:32

Salut Jean-François. je me réjouis de te voir toujours aussi prolifique, de bien belles pensées couchées sur le papier avec délicatesse. A bientôt j'espère.

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20.09 | 18:05

merci cher jean-françois tu représentes ce grand marin poète quelque part au travers de mes maquettes de notre marine royale, richelieu , colbert et zapata ...

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